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Phénomène Kuluna : le mal qui sème la terreur a plusieurs causes dont la promiscuité et l’exode rural.

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Photo: Shutterstock

Alors que le gouvernement provincial de Kinshasa, appuyé par le gouvernement central,  procède plusieurs fois à l’arrestation des jeunes délinquants surnommés «Kuluna», qui sont conduits dans des centres de rééducation et de formation, pensant lutter contre cette délinquance urbaine, le phénomène Kuluna ne fait que monter en pompe dans plusieurs communes de la ville de Kinshasa sous l’œil impuissant des services de sécurité et même de la population.

 

Une enquête menée à travers la ville de Kinshasa démontre qu’il y a plusieurs raisons qui causent ce phénomène  notamment:

 

1.   L’exode rural.

 

Depuis près de 20 ans, Kinshasa vit un exode rural qui ne dit pas son nom. En 2000, d’après l’institut national de la statistique (INS), Kinshasa comptais près de 6.620.000 habitants, en 2010, à 8 millions d’habitants, en 2021, la démographie connait une croissance  exponentielle d’environ 17 millions selon la même structure publique.

 

D’où proviennent ces gens ? Ils viennent des provinces voisines et lointaines de Kinshasa, notamment sur  l’axe Kongo central, Grand kasaï, Grand Bandundu, le grand Kivu, le Maniema ,l’Équateur, le Grand Katanga, en espérant trouver le mieux être dans la capitale. Pour motif de crise sécuritaire, crise alimentaire, manque d’infrastructures de base, manque d’emplois, l’isolement dans leurs coins par manque des routes pour accéder dans le grand centre afin de s’approvisionner.

 

2.   Le chômage.

 

Le chômage à Kinshasa touche près de 40% de la population en majeure partie les jeunes de 15 à 25 ans selon l’organisation internationale du travail (OIT). La population kinoise en majeur parti des jeunes, vie de l’article 15, «Débrouillez-vous » ou la «Coop» selon le jargon Kinois qui se traduit par l’effort personnel sans l’aide de personne.

 

3.   La délinquance juvénile.

 

La majeure partie des jeunes qui se livrent à cette pratique est entre 14 et 25 ans, voir au-delà, dans les communes rouges de la ville province de Kinshasa ; Ils posent des actes définis comme déviant et d’asociaux d’après les normes juridiques et sociales.

La délinquance juvénile chez ces jeunes, a également plusieurs problèmes notamment, la torture, le manque de communication en famille, l’alcoolisme chez les adultes est un autre facteur qui explique le penchant de nos jeunes frères vers les substances psychotropes.

 

4.   La surpopulation et la promiscuité

 

Le taux de croissance annuel moyen était d’environ 8 % entre 1960 et 1980; il est estimé à 4 à 5 % depuis les années 80. De tels taux de croissance auraient engendré une population d’environ six millions d’habitants en 2000, ce qui élève Kinshasa à la seconde place, donc après Lagos, parmi les villes les plus peuplées d’Afrique noire.

Une telle croissance démographique a des conséquences sur la cartographie de la ville.

Deux processus s’observent :

-      La croissance de la population engendre une extension spatiale de la ville;

-      La croissance de la population, dans un contexte de rareté des opportunités d’emploi, d’insécurité, de concentration des infrastructures et de difficultés croissantes de transport conduit à l’augmentation densification des quartiers existants.

 

Avec une telle montée de la population, les autorités politico-administratives ont prouvé l’incapacité de contrôle de mouvement de la population dans les communes, quartiers, avenues, parcelles. Impossible donc d’identifier les gens dans un quartier.

 

5.   Le  manque d’autorité de l’Etat conduisant au non-respect des forces de l’ordre.

 

Il se vit une transformation des anciens Kuluna en agents de l’ordre à Kinshasa après une courte formation, se trouvant dans son milieu naturel avec ses anciens potes, l’autorité de l’état est bafoué. D’où certaines cliques sont encadrées par les agents de l’ordre qui passent plusieurs temps buvant, fumant ensemble.

 

A ceci s’ajoute l’insuffisance des éléments de la police de proximité dans les sciat et sous-sciat.

 

Ici, il sied de noter que plusieurs troubles causés par les kulunas dans plusieurs quartiers et communes dont Makala, Camp Luka, Mombele, Ngaba, Kalamu, Lingwala, Barumbu, Tshangu, Kitambo, BUMBU, Selembao, Lemba et autres, c’est soit sous l’œil impuissant de la police, soit sous l’absence totale de la police.

 

6.   L’irresponsabilité des parents.

 

Les Kulunas ont des familles, des parents, des frères et sœurs et parfois vivent sous leurs toits et  posent des actes sous leur œil impuissant. Par ce que celui-ci contribue à la survie de la famille.

 

La vie contributive des familles kinoises, poussent ces jeunes désœuvrés à chercher le moyen de survie en rançonnant, extorquant la population, certains actes pouvant conduire à la dérive.  

A Kinshasa, le phénomène fille mère prend des proportions inquiétantes, et produit des enfants qui plus tard par manque de moyen de leur éducation se trouvent emporter par les vieux kuluna et deviennent à leur tour des Kuluna.

 

Au regard de ce constat fait, la société kinoise court une grande insécurité urbaine à l’échelle de la favela au Brésil, la Colombie et plusieurs autres coins du monde où la police n’a pas le droit de poser ses pieds. Aujourd’hui ils ont les machettes comme arme de dissuasion, rien ne rassure que demain qu’ils ne prendront pas  les armes pour en finir avec leurs prédateurs.

 

Aux autorités compétentes de prendre des mesures drastiques pour mettre fin à cette histoire qui détruit toute une génération et met des familles en insécurité.

 

James Kabwe

Jaël Ngalula

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